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Depuis une quinzaine d’années, les Français lisent de plus en plus de textes de nature économique. Avec la récession causée par le coronavirus le phénomène va s’amplifier. Nous avons tous besoin de comprendre ce qui se passe. Si vous devez faire lire de l’Économie à un public de non-économistes, faites-moi signe, je peux vous aider.

C’était un temps déraisonnable – pas celui que nous vivons, qui l’est bien davantage – mais celui des années 60-70, où un jeune français épris de littérature, imprégné encore de ce catholicisme qui a forgé la culture française, trouvait les questions d’argent subalternes, et l’Économie une pseudoscience à l’usage des comptables.

Au journal Le Monde, qui n’avait pas l’esprit macronien en ce temps-là, j’avais le privilège (en tant que plus jeune membre de la Société des Rédacteurs) d’assister aux conférences de rédaction du matin. À 7h, debout autour de Jacques Fauvet, les différents chefs de services se battaient courtoisement pour une demi-colonne de texte. Le service Étranger parlait en premier, puis le service Politique, et seulement ensuite le service économique, quand la Culture ne lui volait pas son ordre de passage.  À cette époque, on parlait d’Économie politique plutôt que d’Économie et l’âge d’or des écoles de commerce était encore loin. En clair, une bonne partie des Français ne comprenait rien à l’Économie et croyait s’en trouver mieux.

J’ai vécu une quarantaine d’années dans cette belle insouciance, mangeant des pâtes quand l’argent manquait ou que mon chargé de compte à la banque ne me faisait plus crédit, ce qui arrivait rarement. Depuis une trentaine d’années au contraire, je mange de l’Économie chaque jour un peu plus. Non pas seulement parce que je n’aime pas les pâtes, ce qui est le cas, mais parce que quelques responsabilités en entreprise m’ont amené à m’y intéresser, que son fonctionnement m’intrigue et qu’elle est devenue le grand roman de notre époque.

Ce n’est pas particulièrement original; il suffit de voir le nombre de livres traitant d’un sujet économique publiés chaque année par des éditeurs qui ne juraient naguère que par la littérature. Hors période de confinement, les questions économiques se sont fait une place autour de la machine à café, entre les résultats sportifs et la nouvelle série de Netflix.

Les entreprises ne sont pas en reste. Elles se sont équipés des outils du marketing linguistique, le storytelling, le narratif, et autres éléments de langage. En bref, elles ont compris que leur succès dépendait en partie de l’art de communiquer l’économie aux non-économistes. Les patrons, les cadres, les consultants, ont suivi le même chemin.

C’est là qu’un journaliste comme moi, qui a quitté depuis des lustres le reportage pour le management et le conseil en stratégie, peut se rendre utile. À quelques exceptions près, les responsables d’entreprises n’ont pas eu la formation qui leur permettrait de mettre en valeur par écrit leur entreprise ou leurs idées. C’est plus vrai encore dans les jeunes générations, depuis que le Ministère de l’Éducation néglige la langue et sa structure, l’art de composer un texte et de conduire un raisonnement.

Ceux qui ont compris que (bien) écrire c’est vendre font de plus en plus souvent appel à des conseillers en écriture pour rédiger leurs messages, leurs articles ou leurs livres.

Je leur dois d’avoir passé une année 2019 passionnante et d’avoir commencé 2020 à pleine vitesse. Sur un an, j’ai dû écrire pour mes clients environ 400 000 signes, couvrant une cinquantaine de sujets économiques. Autant dire une goutte d’eau par rapport à ce qui reste à comprendre et à expliquer. Écrivons cela ensemble. À bientôt.

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